Quel avenir pour l’immobilier en Belgique?

En septembre dernier, Le Trends Tendance s’est penché sur les perspectives du marché de l’immobilier belge.
Pour alimenter le début, ils ont fait appel à un panel d’experts: Gaétan Clermont, Etienne de Callataÿ (Orcadia Asset Management), Guido de Crombrugghe, Sébastien Verstraete (directeur residential investment properties chez CBRE), Bernard Kepenne, Eric Verlinden (CEO de Trevi), Frédéric Sohet (Deloitte), Robert de Mûelenaere (administraeur délégué de la Confédération Construction), Julien Manceaux (économiste chez ING), Pierre-Alain Franck (IPSI).
Voici les dix questions/réponses qui en sont ressorties:

Quelles alternatives à l’immobilier?

Sébastien Verstraete rappelle que le marché immobilier belge est un investissement stable puisqu’il « procure entre 35 et 45 fois plus qu’un placement à la banque sur un compte épargne ».
Pour les économistes de la bande, le placement en action offre un plus grand rendement mais ils reconnaissent l’aspect plus volatil d’une telle démarche.

Quel est aujourd’hui le meilleur investissement en matière résidentiel?

La réponse est unanime: un petit appartement à rénover en ville. Il s’agirait d’un investissement certain avec un rendement de 4 à 4.5% brut.
Les facteurs importants à tenir en compte sont les futures normes écologiques et la localisation. De plus, il peut être intéressant de penser aux secteurs délaissés comme la logistique et la maison de repos.

Quel est le pire investissement?

Robert de Mûelenaere nous explique qu’un mauvais investissement c’est « un logement mal évalué, mal situé et dont les performances énergétiques sont médiocres ».
Pour résumer leurs propos, les pires investissements sont les biens qui ne correspondent pas à la future transition écologique, une villa quatre façades au-delà de 500 000€, des logements mal desservis par les transports en commun ainsi que les appartements de grandes surfaces.

Où investir?

Une évidence: dans les villes. En Belgique, Bruxelles, Anvers et Gand sont sont les projecteurs.
Selon Robert de Mûelenaere, il est intéressant d’investir « dans toute région où la demande est supérieure à l’offre, et où la demande va encore augmenter. Les quartiers qui en sont au début d’un processus de revalorisation sont également des pistes intéressantes ».

Quel rendement peut-on espérer aujourd’hui?

Pour un appartement neuf en ville, le rendement locatif brut variera entre 3 et 3.75%.
Un investisseur pour un appartement rénové en ville obtiendra 4 à 4.5%.
Le rendement oscille entre 5% et 6.5% pour une cohabitation à Bruxelles

La baisse du nombre des propriétaires est-elle une bonne affaire?

Selon nos experts, il s’agirait en fait d’un simple retour des choses. Julien Manceaux souhaite rappeler que la hausse des propriétaires était un choix purement politique favorisé par le bonus logement. Ces politiques revues et les normes écologiques qui arrivent, la baisse du nombre des propriétaires est un retour à la normal.
Cependant, Pierre-Alain Franck espère que de grands investisseurs n’obtiendront pas le monopole du marché car cela mènerait à une inflation des loyers.

Comment vont évoluer les prix de l’immobilier dans les prochains mois?

Voici les prévisions des hausses des prix en 2019 des groupes Trévi et ING

Trévi
Flandre: Appartement: 3% – Maison: 3%
Bruxelles: Appartement: 5% – Maison: 6%
Wallonie: Appartement: 3% – Maison: 4%

ING:
Flandre: Appartement: 4% – Maison: 4%
Bruxelles: Appartement: 5% – Maison: 5%
Wallonie: Appartement: 3% – Maison: 3%

Des taux hypothécaires au plus bas, encore pour longtemps?

La remontée des taux n’est pas prévue avant 2021 selon les experts cités.

Quels sont les facteurs qui vont soutenir le marché immobilier en 2020?

Les taux hypothécaires bas bien sûr.
Etienne de Callataÿ et Bernard Keppenne ajoutent « l’impact positif tu tax shift sur les revenus des ménages et la faiblesse des rendements obligatoires, ce qui pourrait détourner des investisseurs vers l’immobilier ».

Quelles sont les principales incertitudes qui pèsent sur le marché immobilier belge?

La première préoccupation est la transition environnementale qui va mener à de nouvelles exigences.
Julien Manceaux évoque également les mesures que souhaitent prendre la Banque nationale pour limiter un trop grand endettement des particuliers.

Share !